Autour d’une piscine, le choix des plantes obéit à deux règles officielles avant tout critère de décor : la distance à la limite du terrain voisin, que fixe le Code civil à défaut de règle locale, et la liste des espèces exotiques envahissantes qu’il est interdit d’acheter, de vendre ou de transporter. Cet article ajoute ce que la fiche officielle ne dit pas : comment ces règles se traduisent dans un projet de piscine paysagée et ce qu’il faut lire sur le devis du paysagiste.
L’essentiel
- En l’absence de règle locale, un végétal de plus de 2 mètres se plante à 2 mètres au moins de la limite séparative, un végétal de 2 mètres ou moins à 0,5 mètre au moins, d’après la fiche Service-Public.fr.
- Les espèces exotiques envahissantes figurant sur la liste fixée par arrêté sont interdites de vente, d’achat, de transport et de détention : le pépiniériste doit pouvoir vous le confirmer par écrit.
- Les critères de décor (feuillage, racines, exposition) se règlent sur le terrain : ils figurent sur le devis, pas dans la loi.
Distance à la limite : ce que dit la fiche Service-Public.fr
La fiche « Plantation de végétaux (haies, arbres, bambous…) », vérifiée le 12 décembre 2025, rappelle que la distance peut d’abord être fixée par des règles locales (règlements particuliers ou usages locaux). Pour les connaître, il faut se renseigner auprès de la mairie. Ce n’est qu’en l’absence de règle locale que la distance du Code civil s’applique.
| Hauteur du végétal | Distance minimale à la limite séparative |
|---|---|
| Plus de 2 mètres | 2 mètres |
| 2 mètres ou moins | 0,5 mètre |
| Contre un mur mitoyen | Aucune, sans dépasser la crête du mur |
La hauteur se compte du sol à la cime, et la distance se mesure à partir du milieu du tronc. Pour un bassin proche de la clôture, la plantation de la haie se décide donc avant le terrassement, pas après.
Les arbres, arbustes ou arbrisseaux guidés à plat le long d’un mur mitoyen peuvent être installés directement contre celui-ci. Si les limites exactes du terrain sont incertaines, la fiche indique qu’un bornage peut être utile.
Espèces exotiques envahissantes : celles qu’on n’installe pas
Selon la page du ministère de la Transition écologique sur les espèces exotiques envahissantes, mise à jour le 16 septembre 2026, deux articles du Code de l’environnement encadrent les végétaux concernés. Le premier, l’article L. 411-5, vise le rejet dans la nature : on ne peut pas introduire dans le milieu naturel les espèces listées par arrêté. Le second, l’article L. 411-6, va plus loin pour les espèces les plus préoccupantes : il touche aussi leur commerce, leur transport et leur détention, donc l’achat en jardinerie comme la livraison par un paysagiste. Les listes sont précisées par des arrêtés distincts pour la métropole et pour chaque territoire ultramarin.
Concrètement, une plante d’ornement qui figure sur ces listes ne peut pas entrer dans un devis de plantation. Les plantes de bassin sont aussi concernées : la jussie rampante est citée par le ministère comme exemple d’espèce exotique envahissante en métropole, ce qui compte pour un bassin de baignade naturelle planté de végétaux aquatiques.
Les critères de choix qui ne relèvent d’aucun texte
Aucune source officielle ne classe les plantes « bonnes pour une piscine ». Les critères qui suivent sont des points à discuter avec le paysagiste, pas des règles :
- un feuillage persistant plutôt que caduc, pour limiter les feuilles à retirer du bassin ;
- des racines peu traçantes près de la margelle, de la plage et des canalisations ;
- une tolérance aux éclaboussures et à l’exposition choisie (plein soleil ou mi-ombre) ;
- une taille adulte compatible avec la distance à la limite du terrain.
Le dernier critère est le seul que le Code civil rend contraignant : il se vérifie avec la hauteur adulte annoncée par le pépiniériste, pas avec celle de la plante achetée.
Ce que le paysagiste ajoute au devis de la piscine
Les plantations ne sont pas comprises dans le prix d’un bassin. Sur le devis d’une piscine paysagée, vérifiez que chaque ligne distingue :
- la liste des végétaux avec leur nom botanique complet, pour contrôler qu’aucune espèce réglementée n’y figure ;
- la hauteur adulte et la distance de plantation prévue par rapport à la limite séparative ;
- la préparation du sol, l’arrosage et l’évacuation des déblais ;
- l’aménagement minéral autour du bassin, par exemple une plage en bois, traité à part des plantations.
Demandez aussi au paysagiste de nommer la règle locale qu’il a consultée en mairie. Pour situer ces postes dans un projet de piscine creusée, le plus simple est de chiffrer d’abord le bassin, puis d’ajouter le décor.
La prochaine étape est la consultation en mairie de la règle locale de plantation, avant la commande des végétaux.
Sources
- Plantation de végétaux (haies, arbres, bambous…) – Service-Public.fr (service-public.gouv.fr)
- Espèces exotiques envahissantes – ministère de la Transition écologique (ecologie.gouv.fr)




